Voici ma nouvelle suite au sujet que je vous ai proposé... Bonne lecture !
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L’article s’étalait sur une page
de l’édition du 25 mars
2014 d’Ouest-Aven :
« Un piano à queue de marque Steinway a été retrouvé hier matin, au sommet
de la falaise à
Plogoff dans le Finistère.
Posé là, sur la lande rase
balayée par le vent, dans un
des plus beaux sites de Bretagne, il demeure un véritable mystère pour les
promeneurs… »
***
Des écharpes de brume volent tel un songe sur le bord des
falaises. Le soleil se lève à l’horizon. Le ciel est rose et or. Le bruit de
vagues qui déferlent sur la plage de la petite crique résonne contre les murs
de pierre. Une douce mélodie. Un goéland s’envole. Au sommet des falaises, un imposant piano à
queue d’ébène étincelant domine la mer.
Un homme apparait, comme sorti de nulle
part. Ses cheveux sont cachés par une perruque blanche, rattaché en queue de
cheval dans son cou par un ruban noir. Il semble que le temps s’est arrêté pour
lui : il est porte des habits très en vogue à la fin du dix-huitième siècle. Un
mouchoir blanc brodé d’un M. rouge glisse
de sa poche. L’homme le ramasse, avance vers le piano, s’assoit. Il fixe un
instant l’océan puis ferme les yeux. Il s’imprègne du mugissement des vagues.
Après un long moment, il rouvre ses
yeux et sort un vieux manuscrit. Des partitions. Il se met à jouer ; ses longs doigts fins
courent sur les touches, faisant retentir quelques notes éphémères. La musique
est douce, mélancolique. Elle est belle. Soudain, les doigts de l’homme se
figent, suspendus. D’un crayon, il griffonne la partition, remplit des portées
jusqu’alors blanches. Il compose.
Et l’homme dit à voix haute en
allemand :
« J’ai fait placer
ce piano face à la mer pour composer librement une dernière symphonie. Quel bon
choix ! Sinon je n’aurais jamais écrit cet hymne à la mer ! Au
bout de 223 ans, j’ai fini par concevoir ma plus belle œuvre, mon plus grand
chef-œuvre, que le monde ignorera toujours…»
Et, en bas du manuscrit, il signe Wolfgang Amadeus Mozart.