mardi 8 novembre 2016

L'envol du papillon



On dit que le battement des ailes d'un papillon peut engendrer un typhon à l'autre bout du monde... C'est sûrement vrai. Je le crois assurément. Personne ne se rend compte à quel point les papillons sont des créatures fascinantes, aussi fortes que fragiles, aussi brutales que délicates. Certains ressentent de l'effroi quand elles vous frôlent de leurs élytres sombres, d'autres aiment au contraire sentir les douces caresses de leurs ailes sur leur visage... Mais laissez-moi vous raconter mon histoire... Laissez-moi tout vous raconter. Car j'ai vu des choses que vous ne pourriez même pas imaginer...

Je suis née il y a bien longtemps, bien plus que vous ne pourriez le croire. J'ai vu chaque être vivant de cette planète naître et mourir. Mais je ne suis pas l'héroïne de ce récit... Ou au moins seulement en partie. Il y a peu, un œuf a éclos : à l'intérieur, une chenille nouvelle-née. Une chenille, une toute petite chenille qui a commencé son périple à travers les hautes herbes, la mousse et les feuilles. Mais derrière, ce ne fut qu'un sillon de mort et de désolation. Qui aurait-pu croire qu'une telle entité puisse être aussi cruelle, détruisant tout ce qui pousse sur son passage ? Les fleurs, les feuilles et les herbes sauvages et amères... Rien ne résistait à ce monstre, qui, de jour en jour, grossissait à vue d'œil. Son règne de terreur s'étendait, et bientôt toute la clairière fut à sa merci. Et moi, je la regardais faire sans pouvoir agir.  J'avais beau crier à l'aide, personne ne m'entendait... Un jour, la folie destructrice de cette maudite qui ravageait tout cessa, et la chenille disparut. Je la vis, jour après jour, tisser autour de son embonpoint un cocon de soie. Nous fûmes tranquilles pendant une courte période de trêve. La vie de la clairière profita de ces brefs instants de répit pour reprendre son cours. Moi, je restais là, sur une feuille, à guetter le réveil de la créature... Et ce dernier ne tarda pas. Le cocon se brisa bien vite. Bien trop vite. Et la grosse larve qu'il avait fait disparaître avait laissé sa place à une magnifique et fascinante créature, aux ailes de feu : un papillon. L'animal s'envola, et ses battements d'ailes créèrent un vent violent qui m'arracha à mon perchoir et me fit tomber au sol. Là, la terre m'avala et je disparus.

Qui suis-je, me demanderez vous ? Je suis la mémoire de la planète... Je suis une petite goutte d'eau, une perle de rosée, injustement chassée de ma feuille par l'envol d'un papillon.



dimanche 23 octobre 2016

La salle blanche

Il gisait là, allongé dans un lit qui n'était pas le sien. Il entrouvrit les yeux. La lumière l'éblouit. Il lui fallut plusieurs minutes avant de comprendre où il était. Une grande salle blanche et vide. Il y avait bien longtemps qu'on avait plus changé l'eau du bouquet de fleurs posé sur sa table de chevet, bouquet qui était presque complètement fané. Ce bouquet de fleurs jaunes et roses était la seule chose qui égayait la pièce d'une blancheur trop parfaite. Et autour du lit se dressait plusieurs machines. L'homme se redressa en lâchant un gémissement de douleur. Il essaya de se rappeler ce qui c'était passé, et pourquoi il avait atterri ici, dans cet hôpital. Il se rappela.
"Vous avez un cancer."
Quelques mots lourds de sens, et pourtant prononcé si légèrement...
Le battement scandé de son cœur se faisait de plus en plus lent, et de plus en plus faible. Une infirmière entra. Elle faisait près d'un mètre quatre-vingt de haut, mais son extrême maigreur la faisait paraitre bien plus grande. Son visage était étroit et anguleux, et ses doigts aussi décharnés que ses joues ressemblaient à de grands pattes d’araignée qui gambadaient librement sa blouse. Malgré cet aspect effrayant, le blessé la héla et lui attrapa sa main d'adulte, recherche enfantine, presque puérile de réconfort, de protection…
Mais ses mains étaient glacées. Glacées comme la mort, comme la pierre tombale, comme le corps de son père qu'il avait dû embrasser à l’enterrement. L'infirmière lui sourit.
"J'ai peur, avoua-t-il. Je vais mourir, n'est-ce pas ?"
L'infirmière semblait sourde à sa question. C'était toujours comme ça dans les hôpitaux. Dès qu'on prononçait le mot "mourir", il y avait comme un trou d'air, on devenait sourd ou on changeait de sujet de conversation. C'était comme si les malades et les soignants avaient inventé ensemble un autre hôpital que celui qui existait vraiment. Tous faisait comme si ils allaient à l'hôpital pour guérir, oubliant que certains y venaient pour mourir. Oubliant que la vie était un cadeau précieux, fragile, friable et éphémère. Oubliant que nul n'était éternel. Ils faisaient tous semblant d'être immortels et immuables. Et notre homme s'en rendait compte. Et il avait peur... Il avait peur de la mort.
"J'ai l'impression que personne ne me dit que je vais mourir."
L'infirmière se pinça les lèvres, et finit par répondre d'une voix étonnement douce :
"Pourquoi vous le dire, si vous le savez ? Face à la mort, nous sommes tous des enfants. Des enfants qui n'ont pas assez vécu, des enfants trop jeunes, des enfants qui ont peur. Mais nous n'avons pas peur de mourir, nous avons peur de ne pas assez avoir vécu."

vendredi 7 octobre 2016

Maigrir

Quand j'étais enfant je ne mangeais pas tant je rechignais plus mais voilà qu'aujourd'hui
Il te faudra devenir le gardien du frigo oui tous les jours et toutes les nuits
Tu m'aides à maigrir
Je m'aide à maigrir
Si jamais un jour il t'arrive de dormir ne serait-ce qu'un instant, un quart d'heure
Je n'aurai qu'à m'introduire en douce et m'emparer enfin du réfrigérateur
Pour tout engloutir
Tu m'aides à maigrir
J'ai gommé les chiffres des balances du quartier qui me ment ou qui voit mes mensonges
Je ne veux pas croire cette réalité qui ne doit être qu'un trop horrible songe
Je devrais maigrir
Tu m'aides à maigrir
Il va falloir que nous cachions les gâteaux les babas les bonbons même les réglisses
Et que nous mettions une chaîne et un cadenas sans clé aux frontières  du supplice
Pour me retenir
Tu m'aides à maigrir
Tu sais oh non je n'ai jamais eu à faire la guerre pour être aussi forte aujourd'hui
J'ai du dévorer avaler becqueter et trop bouffer aussi
Je voudrais maigrir
Je m'aide à maigrir
Le buffet de la cuisine délicieuse abondance moi je danse devant
En dégustant un maquereau solitaire du désert de mon plat je serre les dents
Il me faut maigrir
Je m'aide à maigrir
Et je dévore des yeux tes savoureuses charcuteries avec un œil avide
Mais en fait je claque du bec et grignote seulement et toujours le même vide
Avec un soupir
Tu m'aides à maigrir



Yé né manyais qué dalle et pero auyourd'hui
Touyours yé la dalle et les yours et les nouits
Yé dévrais maigrir
Yé m'aide à maigrir
Yé souis une martyre
Tou m'aides à maigrir
Mais faut pas mentir
Tou m'aides à mourir
Ay ay ay pourquoi m'as-tu fais ça
C'est assez ça souffit yen ai marre ya está



Et oui tu as compris j'ai enfin décidé de maigrir
Car j'en avais plus qu'assez de toujours grossir
Si je fais des efforts je finirai par maigrir
Je vais peut-être finir par maigrir
Je vais finir par maigrir
Je vais bien maigrir
Je m'aide à maigrir
Je vais maigrir
Maigrir


dimanche 24 juillet 2016

Le chant du barde

Dès maintenant tu connais tout
Des bardes, de leurs longs refrains
Quand les heures seront passées
J’irai dans un pays lointain
Par-delà les monts embrumés 
Raconter et chanter surtout

Nous nous y reverrons peut être
Mais écoute donc ma chanson
Dans l'aube de la nuit nouvelle
Autour du feu avec boissons
Au son des flûtes et des vielles
Pour qu'un mythe puisse renaître

Laisse donc retentir le chant du barde

Mais demain nous mènera loin
Loin de chez nous
Nul ne connaîtra notre nom
Mais tous nos beaux chants resteront
Car ils effaceront demain
Notre peur d'aujourd'hui
Elle sera partie
Grâce à nos chants de bardes

Ô Dieu ! Il ne me reste plus 
Qu'une seule chanson en tête
Conte d'un homme courageux
Dont seul se souvient le poète
Voilà les bardes silencieux
Maintenant leur temps révolu

Et demain nous mènera loin
Loin de chez nous
Nul ne connaîtra notre nom
Mais tous nos beaux chants resteront
Mais tout sera connu demain
Tu n'es pas seul
Sors du linceul
Quitte les affres de l’oubli
Saisis violon et archet, chante
Car tous nos beaux chants resteront

Dans mes pensées et dans mes rêves
Ils peuplent toujours mon esprit
Des chants des bardes sois épris
Viens, chante avec moi sur la grève

Et demain nous mènera loin
Loin de chez nous

vendredi 17 juin 2016

Les ombres de ma nuit

Cette profonde obscurité que je vois
Me garderait prisonnière
Des sombres ronces, épineux sanctuaire,
Si je la laissais, sans hausser la voix...

Les nuages ne fanent pas, ils se dispersent,
Révélant le ciel d'ambre d'un coucher
De soleil et la voûte illuminée
De l'étonnant firmament qui me berce...

Mais les crépusculaires créatures,
Sorties tout droit des affres de l'oubli,
M'arrachent déjà de ma douce Arcadie
Et sur ma terre laissent leur signature !

Si elles ne sont qu'un triste cauchemar,
Pourquoi m'effraient-elles tant que cela ?
Qui sont-elles ? Et moi, qui suis-je ? Pourquoi ?
Je n'entends plus que leurs cris nasillards...

Je dérive entre déraison et paix.
Les fauves de cette nuit sont mes peurs...
 Mais rien ne me tire de ma torpeur !
Et je reste dans leur brouillard trop épais...

On m'a dit que les bêtes étaient parties,
Et que mes angoisses n'existaient pas.
Pourtant, accrochées aux fenêtres, je vois
Leurs ombres qui jaillissent des orties !

Oh, elles conduisent mon âme affolée !
Et j'erre, et je délire, et je tremble...
Mais, ô mon Dieu, si nous sommes ensemble,
Quelle chose pourrait me terrifier ?


samedi 14 mai 2016

Ca m'énerve

- Il y a trop de choses qui m'attristent sur Terre
Les chômeurs sans travail, les orphelins sans père
Plus rien ne tourne rond, et nul ne veut l'admettre
Je tombe, je chois, je désespère, dis leur maître...

- Ca m'énerve !
Quand je marche en chaussette dans la salle de bains
Et qu'il y a de l'eau ! Pis le trafic urbain !
Et chaque fois que je me lève le matin !
Oh, ça m'énerve, oh ça m'énerve !

- Je te comprends, mais je ne pensais pas à ça
Les problèmes de la jeunesse, les choses comme ça,
Les échecs scolaires, les familles déchirées,
Ca me mortifie, je ne peux plus respirer...

- Ca m'énerve !
Quand je me cogne le pieds sur le coin du lit !
Quand c'est le déluge et j'ai pas de parapluie !
Et pis quand je repasse tout avec des plis !
Oh, ça m'énerve, oh ça m'énerve !

- Bien sûr, mais ce n'est pas ce que je voulais dire
Les vagabonds qui ne savent pas où dormir
Ou pense aux jeunes, drogués, qui deviennent dealers
Mais je compte sur toi, cette fois-ci dis-leur...

- Ca m'énerve !
Quand je conduis, qu'un voyant inconnu s'allume !
A la météo quand on dit qu'il ya de la brume !
Aux anniversaires les bougies qui s'rallument !
Oh, ça m'énerve, oh ça m'énerve !
Quand tous les feux sont rouges et que je suis pressé !
A chaque fois mes lunettes sont pleines de buée !
Ou bien que mes écouteurs sont tout emmêlés !
Oh, ça m'énerve, oh ça m'énerve !

- Tu as sûrement raison mais je vais recentrer
Pense aux guerres dans le monde et...

- Ca m'énerve !
Quand j'ai du scotch et qu'je trouve pas l'bout du rouleau !
Quand quelqu'un range une bouteille vide au frigo !
Aussi quand on ne répond pas à mes textos !
Oh, ça m'énerve, oh ça m'énerve !

- Le monde ne tourne pas seulement sur toi...

- Dans les mots fléchés, quand un mot ne rentre pas !
Oh, ça m'énerve, oh ça m'énerve !

- Ces vers sont un message à tous les égoïstes...

mardi 3 mai 2016

Lettre à Personne

Cher Personne,

Mourir n'est pas la pire des choses qui puisse arriver à un homme. Tu vois, je suis mort depuis trois jours et depuis trois jours j'ai enfin trouvé la paix. Pour la première fois de ma vie, enfin, façon de parler, je ne ressens plus toute la souffrance du monde.

Tu m'as souvent dis que ma vie ne tenait qu'à un fil. Désormais c'est la tienne qui n'tient qu'à un fil. Un fil très fin et très fragile. Et ils sont nombreux ceux qui veulent te le trancher ce fil. Mais toi, tu aimes le risque; c'est ta façon de te sentir vivant. Elle est là la différence entre nous.

Moi quand j'voyais v'nir une sale affaire, j'essayais de l'éviter. Pas toi. Si tu n'as pas une sale affaire à te mettre sous la dent tu t'en inventes une. Et après l'avoir liquidée tu en abandonnes le mérite à un autre. Comme ça tu peux continuer à être toi-même, c'est-à-dire personne... C'est astucieux.

Mais cette fois tu as joué gros et ça fait déjà quelques-uns qui savent que tu es quelqu'un.

Tu finiras donc par te faire un nom toi aussi et alors là tu auras de moins en moins de temps pour jouer. Et ce sera de plus en plus dur et un jour tu rencontreras un homme qui se sera mis en tête de te faire rentrer dans l'histoire. A ce stade, pour redevenir Personne il n'y a qu'un moyen : mourir.

Dorénavant, tu devras chausser mes éperons et ce ne sera pas toujours drôle. Essaie pourtant de retrouver un peu de ces rêves qui nous habitaient, nous autres de l'ancienne génération, même si tu t'en moques avec ta fantaisie habituelle, nous t’en serons reconnaissants.

Au fond, nous étions des sentimentaux.

En ce temps l'Ouest était désert, immense, sans frontières. On croyait tout résoudre face à face d'un coup de revolver, on y rencontrait jamais deux fois la même personne. Et puis tu es arrivé... Il est devenu petit, grouillant, encombré de gens qui n'peuvent plus s'éviter.

Et si tu peux encore te prom'ner en attrapant des mouches, c'est parce qu'il y a eu des hommes comme moi, des hommes qui finissent dans les livres d'histoire pour inspirer ceux qui ont besoin de croire en quelque chose comme tu dis. Dépêche-toi de t'amuser parce que ça ne durera plus bien longtemps. Le pays s'est développé, il a changé. Je n'le reconnais plus, je m'y sens déjà étranger. Le pire c'est que même la violence a changé. Elle s'est organisée. Un coup de revolver ne suffit plus. Mais tu l'sais déjà mieux que moi. Car c'est ton siècle, ce n'est plus le mien.

A propos j'ai trouvé la morale à la fable que ton grand-père te racontait, celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de bouse pour le t'nir au chaud et que le coyote a sorti et a croqué. C'est la morale des temps nouveaux : ceux qui te foutent dans la merde ne le font pas toujours pour ton malheur et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais surtout, quand tu es dans de beaux draps, tais-toi si tu veux vivre en lâche ou accuse si tu veux mourir en héros.

C'est pour ça qu'un type comme moi doit disparaître : je parlais beaucoup, et j’accusais trop de choses. Ton idée d'un duel truqué était bien la marque de ces temps nouveaux. C'était le moyen le plus élégant de m'faire quitter l'Ouest. Ça respectait en apparence encore les principes dans lesquels je croyais. Comme l’honneur. Pour toi, l’honneur était une cause perdue. Il avait fait beaucoup de morts sans sauver personne. T’avais peut-être raison.

D'ailleurs je suis fatigué. Car ce n’est pas vrai que les années ne produisent que des sages, elles produisent aussi et surtout des vieillards. De sages vieillards peut-être, mais des vieillards quand même. Après, il est correct de dire que l'on peut aussi être comme toi, jeune en nombre d'années et vieux en nombre d'heures. Oui, j’avoue, je débite des phrases pompeuses mais c'est de ta faute. Comment parler autrement quand on est devenu un monument historique ?

Je te souhaite de rencontrer un de ces êtres que l'on ne rencontre jamais. Presque jamais. Ainsi vous pourrez faire un bout de chemin ensemble. Pour moi, il est difficile que le miracle se reproduise. La distance rend l'amitié plus chère et l'absence la rend plus douce.

Mais depuis trois jours que je ne t'ai pas vu tu commences à me manquer. 

Les amis, c’est comme une paire de lunettes. Ça aide à mieux voir. Mais ça peut se rayer, ou pire, ça peut  se casser. Heureusement, parfois on tombe sur des lunettes vraiment géniales. Et t’auras beau dire, t’es quand même une paire de lunettes bien sympa malgré tout.

Bon à présent je dois t'quitter et bien que tu sois le roi des fumistes et le prince des emmerdeurs merci pour tout.

Ah j'oubliais... quand tu vas chez le barbier, assures toi que sous son tablier il y ait toujours un homme du métier.


Toutes mes amitiés,




Un cow-boy solitaire

samedi 9 avril 2016

Avertissement

Si vous lisez ce message, alors voici un avertissement pour vous. Chaque lettre, chaque mot, chaque phrase que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue à jamais dans votre vie. N’avez-vous rien d’autre à faire ? Votre vie est-elle si vide pour que, honnêtement, vous ne puissiez trouver une meilleure manière de passer ces moments ? Ou faites vous simplement ce que l'on vous ordonne sans poser plus de questions ? Êtes-vous si conditionné et manipulé par l’autorité de ceux qui dirigent que, même s'ils le font mal, vous leur donnez votre respect et leur vouez votre foi à eux qui les réclament ? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposés lire ? Pensez-vous tout ce que vous êtes supposés penser ? Achetez-vous ce que l’on vous dit d’acheter ? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre de nouvelles personnes. Arrêtez le shopping excessif. Les choses qu’on possède finissent par nous posséder. Arrêtez de regarder la télévision, qui nous abrutit un peu plus chaque jour. Elle nous a fait croire tant de choses, qu’un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma, ou des rock stars. Elle nous a habituée à la violence des guerres, si bien qu'elles nous paraissent normales. Commencez à vous battre pour ce en quoi vous croyez. Prouvez que vous êtes en vie. Vous n’êtes pas votre travail, vous n’êtes pas votre compte en banque, ni votre voiture, ni votre portefeuille. Vous n'êtes ni un animal, ni une machine. Vous êtes un être humain, doué d'une intelligence qui nous est propre. Si vous ne revendiquez pas votre humanité, vous deviendrez une donnée statistique, un chiffre que l'on écrit et qui s'efface, perdu au milieu d'autres. Maintenant, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas...