Merci à Georges de sa participation !
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" L'article s'étalait sur
une page de l'édition du 25 mars 2014 d’Ouest-Aven :
« Un piano à queue de marque Steinway a été retrouvé hier matin, au
sommet de la falaise à Plogoff dans le Finistère. Posé là, sur la lande rase
balayée par le vent, dans un des plus beaux sites de Bretagne, il demeure un
véritable mystère pour les promeneurs… »
Déjà,
les journalistes posaient mille questions : A qui appartenait-il ?
Comment et pourquoi est-il arrivé là ? Pourquoi l’avoir installé au sommet
de cette falaise ? Et toutes les hypothèses aussi farfelues les unes que les autres s’imprimaient aux
unes des journaux. De quoi faire le buzz… enfin espéraient-ils tous pour
pouvoir se démarquer et augmenter les tirages.
Le
piano de Bach ou celui de Mozart, de Brahms ou encore de Satie ? Et chacun
proposait le compositeur et pianiste de son choix. Une mini biographie était
associée pour la culture. Bien entendu cela ne pouvait être la solution…
Alors
on chercha dans les pianistes contemporains : Hélène Grimaud, David Fray ou
Alexandre Tharaud ? ou bien Lang-Lang, pour être plus exotique ? Et
chaque interprète fut contacté et réfuta bien entendu posséder le dit piano.
Le
mystère restait entier. Et malgré les pages de journaux multiples et
quotidiennes sur le sujet, personne ne se manifestait pour réclamer ce piano ou
révéler l’objet de cette intrigue.
La
mairie était bien embarrassée par cet objet incongru posé au bord de la
falaise. Elle ne pouvait se résoudre à le déplacer car il devenait une réelle
attraction touristique telle la baraque à frites des Ch’tis. Il fallait
sécuriser l’endroit rapidement avant qu’un accident survienne. « Trop de
monde » avait dit le maire et les journalistes avaient déjà ravivé l’hypothèse
Mozartienne en se rappelant la célèbre phrase « trop de notes » de
Joseph II à Mozart. Une phrase sortie de son contexte peut être vite
interprétée n’importe comment. Mais cela était bon pour le tirage et le
tourisme, alors aucune retenue et l’invraisemblable pouvait devenir hypothèse
de réalité ! On dépêcha donc la police pour mettre en place un service de
sécurité.
En
fait, les inspecteurs de la police scientifique furent dépêchés pour cela. Les
méandres des services publics sont parfois impénétrables…. Comme ils étaient là
avec tout leur attirail, ils s’adonnèrent à quelques prélèvements afin, on ne
sait jamais, d’éclaircir ce mystère. Oui, de l’ADN, il y en avait de toute
sorte : animale, végétale et
humaine. Comment trier, sélectionner pour identifier L’auteur ? Nos
inspecteurs cherchaient et passaient au crible du fichier d’identification
d’identité national. Mais chou blanc ! Ils utilisèrent le fichier
européen, pas mieux… Déçus, ils repartirent pour laisser place aux simples agents.
Qui pouvait donc résoudre l’énigme du piano de Plogoff ?
Le
temps passait et nos agents de service, lors de leur première veillée
entendirent une mélodie en sourdine dont le début ne leur était pas tout à fait
inconnu. Après écoutes répétées, ils convinrent que cela ressemblait à la
Marseillaise. Cette mélodie semblait portée par le vent et ce n’est qu’après
attentive et minutieuse recherche qu’ils identifièrent la source : le
piano !
Les
journaux s’emparèrent de l’information et crièrent à la sorcellerie !
Toutes les légendes locales furent passées en revue et remémorées ou
découvertes par chacun. Les tirages augmentaient encore…
On
fit venir un luthier accordeur qui inspecta le piano sous toutes les
cordes : rien ! Pas la moindre origine de ces sons répétés. Le vent
passant dans les cordes pouvait-il reproduire à l’infini cette mélodie ?
Quelle en était le sens ?
Le
mystère s’épaississant et l’attrait ne diminuant pas, la mairie décida de
mettre en place un système de visite avec billetterie. Tout était bon à
prendre !
On
entendit alors lors des visites, la musique, non plus en sourdine mais
crescendo, de plus en plus fort. De même, le répertoire de l’instrument
s’étoffa on ne sait comment mais cela était.
Et
au début de l’hiver, c’était l’hymne des restos du cœur
que le piano se mit à entonner ! Le voile était levé.
Les journaux et la mairie ne purent que
reverser l’intégralité des recettes réalisées sur le dos de cette intrigue à
l’association pour servir les repas durant tout l’hiver.
Le
piano avait simplement attrapé une puce wifi qui diffusait la musique… C’était
l’explication simple du mystère. Une façon originale de récolter de l’argent
pour une cause.