lundi 29 décembre 2014

A vos plumes - Pouf ! 2ème réponse !

Merci à Georges de sa participation !

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" L'article s'étalait sur une page de l'édition du 25 mars 2014 d’Ouest-Aven :
« Un piano à queue de marque Steinway a été retrouvé hier matin, au sommet de la falaise à Plogoff dans le Finistère. Posé là, sur la lande rase balayée par le vent, dans un des plus beaux sites de Bretagne, il demeure un véritable mystère pour les promeneurs… »

Déjà, les journalistes posaient mille questions : A qui appartenait-il ? Comment et pourquoi est-il arrivé là ? Pourquoi l’avoir installé au sommet de cette falaise ? Et toutes les hypothèses aussi farfelues  les unes que les autres s’imprimaient aux unes des journaux. De quoi faire le buzz… enfin espéraient-ils tous pour pouvoir se démarquer et augmenter les tirages.
Le piano de Bach ou celui de Mozart, de Brahms ou encore de Satie ? Et chacun proposait le compositeur et pianiste de son choix. Une mini biographie était associée pour la culture. Bien entendu cela ne pouvait être la solution…
Alors on chercha dans les pianistes contemporains : Hélène Grimaud, David Fray  ou Alexandre Tharaud ? ou bien Lang-Lang, pour être plus exotique ? Et chaque interprète fut contacté et réfuta bien entendu posséder le dit piano.
Le mystère restait entier. Et malgré les pages de journaux multiples et quotidiennes sur le sujet, personne ne se manifestait pour réclamer ce piano ou révéler l’objet de cette intrigue.
La mairie était bien embarrassée par cet objet incongru posé au bord de la falaise. Elle ne pouvait se résoudre à le déplacer car il devenait une réelle attraction touristique telle la baraque à frites des Ch’tis. Il fallait sécuriser l’endroit rapidement avant qu’un accident survienne. « Trop de monde » avait dit le maire et les journalistes avaient déjà ravivé l’hypothèse Mozartienne en se rappelant la célèbre phrase « trop de notes » de Joseph II à Mozart. Une phrase sortie de son contexte peut être vite interprétée n’importe comment. Mais cela était bon pour le tirage et le tourisme, alors aucune retenue et l’invraisemblable pouvait devenir hypothèse de réalité ! On dépêcha donc la police pour mettre en place un service de sécurité.
En fait, les inspecteurs de la police scientifique furent dépêchés pour cela. Les méandres des services publics sont parfois impénétrables…. Comme ils étaient là avec tout leur attirail, ils s’adonnèrent à quelques prélèvements afin, on ne sait jamais, d’éclaircir ce mystère. Oui, de l’ADN, il y en avait de toute sorte : animale, végétale  et humaine. Comment trier, sélectionner pour identifier L’auteur ? Nos inspecteurs cherchaient et passaient au crible du fichier d’identification d’identité national. Mais chou blanc ! Ils utilisèrent le fichier européen, pas mieux… Déçus, ils repartirent pour laisser place aux simples agents.
Qui pouvait donc résoudre l’énigme du piano de Plogoff ?
Le temps passait et nos agents de service, lors de leur première veillée entendirent une mélodie en sourdine dont le début ne leur était pas tout à fait inconnu. Après écoutes répétées, ils convinrent que cela ressemblait à la Marseillaise. Cette mélodie semblait portée par le vent et ce n’est qu’après attentive et minutieuse recherche qu’ils identifièrent la source : le piano !
Les journaux s’emparèrent de l’information et crièrent à la sorcellerie ! Toutes les légendes locales furent passées en revue et remémorées ou découvertes par chacun. Les tirages augmentaient encore…
On fit venir un luthier accordeur qui inspecta le piano sous toutes les cordes : rien ! Pas la moindre origine de ces sons répétés. Le vent passant dans les cordes pouvait-il reproduire à l’infini cette mélodie ? Quelle en était le sens ?
Le mystère s’épaississant et l’attrait ne diminuant pas, la mairie décida de mettre en place un système de visite avec billetterie. Tout était bon à prendre !
On entendit alors lors des visites, la musique, non plus en sourdine mais crescendo, de plus en plus fort. De même, le répertoire de l’instrument s’étoffa on ne sait comment mais cela était.
Et au début de l’hiver, c’était l’hymne des restos du cœur que le piano se mit à entonner ! Le voile était levé.
 Les journaux et la mairie ne purent que reverser l’intégralité des recettes réalisées sur le dos de cette intrigue à l’association pour servir les repas durant tout l’hiver.
Le piano avait simplement attrapé une puce wifi qui diffusait la musique… C’était l’explication simple du mystère. Une façon originale de récolter de l’argent pour une cause.

A vos plumes - 1ère réponse !

Merci à ma chère AMarie T !!!

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L’article s’étalait sur une page de l’édition du 25 mars 2014 d’Ouest-Aven :
« Un piano à queue de marque Steinway a été retrouvé hier matin, au sommet de la falaise à Plogoff dans le Finistère. Posé là, sur la lande rase balayée par le vent, dans un des plus beaux sites de Bretagne, il demeure un véritable mystère pour les promeneurs… »

 Mes yeux parcouraient l'article mais mon esprit déjà était ailleurs,  emporté loin, là-bas, sur cette côte aride aux senteurs de bruyères et d'ajoncs, où les goélands marins sans se lasser jouent aux brises du Noroît à défier la pesanteur. Mon rêve m'emportait et j'écoutais. Le vent faisait chanter les cordes de ce mystérieux instrument, incongrument arrivé sur la lande, et déjà ma décision était prise. Il fallait que j'aille voir, que je me rende compte par moi-même de ce prodige.

Je pris donc le premier train en partance pour la Bretagne, pays de mes ancêtres, que je connaissais mal mais dont les légendes coulaient au-dedans de moi comme la musique de la mer. Après un changement à Rennes, puis à Brest, je pris le car pour arriver vers le soir, épuisée de ce long trajet bruyant, à l'auberge de Plogoff. On ne parlait que de ça dans tout le pays. Personne n'avait encore osé toucher le grand piano, comme on évite un cachalot échoué sur le rivage. Les langues allaient bon train ! Les compères, assemblés autour d'un verre de Chouchen au comptoir, y allaient chacun de leur version, toutes plus fantaisistes les unes que les autres, pour expliquer comment ce diable de piano avait bien pu arriver là.

"Ma doué ! Père Le Floc'h,  ce serait-y pas l'grand échalas de la Villa des Mouettes qu'aurait par hasard eu c't'idée saugrenue ?
Que non pas ! Ce s'rait l'idée d'un Parisien qu'ça m'étonnerait pas ! " et chacun de pousser une exclamation sur "ces gens-là qui viennent de Paris et qui s'croient tout permis et qui n'respectent rien en Breizh !"

Après avoir fait un rapide brin de toilette et dîné d'une délicieuse soupe de poisson suivie d'une part de kouign amann, je décidai d'aller sur la falaise pour profiter du calme du soir et d'un coucher de soleil qui promettait d'être, sinon magnifique, du moins silencieux, après que toutes ces balivernes m'eurent empli la tête. J'avais besoin de solitude, et ne vous étonnez pas si mes pas m'ont menée, aussi sûrement qu'un invisible fil d'Ariane, vers le piano, toujours perché sur son socle de granit, entouré de ronciers et d'ajoncs, érigé comme un antique menhir offert à quelque divinité céleste et inconnue.

Je comprenais vite pourquoi personne encore n'avait songé à y toucher : je me déchirais les jambes sur les épines et eus la plus grande peine du monde à me hisser sur la plate forme rocheuse qui le soutenait. Mais une fois là-haut, quel spectacle ! Les derniers rayons du soleil couchant dardaient sur son bois vernissé une douce lumière dorée, et la brise  soufflant de la mer troublait à peine le silence, où perçaient parfois, de loin en loin, les cris plaintifs d'une mouette. La beauté de ce paysage me submergea, et je ne pus résister à l'envie d'effleurer les touches de ce magnifique instrument maintenant à ma portée. Serait-il accordé ? Je soulevais le couvercle. Les touches luisaient doucement aux derniers feux du jour.

Il n'y avait pas de tabouret pour m'asseoir, qu'à cela ne tienne, je jouais debout. Quelques notes de Mozart coulèrent entre mes doigts, fluides, légères comme la brise du soir. Le son montait, limpide, vers les étoiles qui commençaient à s'allumer dans l'azur de plus en plus foncé. L'obscurité grandit, bientôt je n'y vis plus rien. Je refermai doucement le couvercle, à regret. Je devais rentrer, et je réalisai soudain que je me trouvais seule, perdue sur la lande, mais je n'avais pas peur, je me sentais bien, apaisée, et je retrouvais sans difficulté le chemin du village, finalement proche.

Les parleurs avaient disparu. Je montais directement dans ma chambre.

Le lendemain, la première chose que j'entendis quand je descendis prendre mon déjeuner avant de reprendre mon car,  fut le bavardage des hommes au comptoir. Ils faisaient montre d'une grande excitation ! Le piano de la lande, et bé, vous savez quoi, ma p'tite dame ? Il a disparu ! Envolé ! Pfutt ! Evaporé ! Et oui, c'est comme je vous l'dis !

Et les tentatives d'explication sur sa disparition fusèrent, aussi fantaisistes que les théories qui tentaient d'expliquer son apparition.

Quand à moi, je laissais les langues aller bon train, que m'importait le pourquoi ? Ce que j'avais saisi de cette aventure, c'était la jouissance de la  musique, le son pur, la beauté transcendante, et, je le crois encore, l'essentiel.

Le philtrum

    Romain était heureux. Il s’était recroquevillé sur lui-même - c’était sa position préféré - et il éprouvait une telle légèreté. Il se sentait flotter, presque aérien.  Il n’avait absorbé nulle drogue pour arriver à ce bien-être, à ce calme, à cette sérénité qui lui semblait naturel. Des voix lui parvenaient, étouffées, comme dans un rêve. Romain était heureux de vivre.
    Une nuit, il fut réveillé par de violentes douleurs. Il était pris dans un étau qui l’emprisonnait. Sa résistance faiblissait, il n’eut bientôt plus la force de bouger et de résister à ce flot qui le submergeait et qui l’arrachait à rivages familiers. Le néant l’attirait à lui, inexorablement. Il était seul. Personne pour le soutenir. Soudain, les douleurs devinrent plus vives. Si forte que n’importe qui aurait pu en perdre la raison. Il se sentait emporté.
    Une lumière intense l’aveugla. Ses poumons s’embrasèrent. Subitement, il crut savoir le mal : il vit l’orgueil, le mensonge, la colère, l’égoïsme, la guerre,… Il poussa un cri.
    Une sage femme s’exclama d’une voix sonore : « C’est un garçon ! ». Romain était né.
    Alors, il vit un homme en vêtements blancs, que, étrangement, les autres personnes de la pièce se semblait pas apercevoir. Il était grand, ses cheveux étaient d’or et ses yeux d’un bleu profond. Il était rayonnant, entouré une aura de lumière. Il s’approcha de Romain qui pleurait toujours. Il apposa son doigt sur la bouche de l’enfant et lui dit d’une voix douce :
« Le monde peut être mauvais, c’est vrai. Mais Dieu t’aime, et Il t’a donné des outils pour t’aider : la Sagesse, la Charité, l’Humilité, la Justice, la Prudence, le Courage, la Force, la Confiance, et surtout… la Foi, l’Amour et l’Espérance. Que ces vertus soit dans ton cœur à jamais. Je veillerai sur toi, je te protégerai, je serai avec toi chaque jour de ta vie. »
    Alors Romain fut rassuré. Il sourit à l’homme en blanc, qui lui rendit son sourire. Ce dernier disparu, laissant derrière quelques plumes d’un blanc éclatant.

samedi 20 décembre 2014

Eclipse

Une nuit, dans le firmament,
J'aperçus la Lune pleurant.
Elle dit qu'elle aimait le Soleil,
Lui qui fuit toujours ses pareils...

"Mais ô Lune qui veut être mère,
Céleste, ronde comme une pomme,
Pourquoi ne trouves-tu l'homme
Qui exaucera tes prières ?

- Les astres, le sort nous séparent
Et nos chances, et nos hasards...
Lui, il illumine la vie
Et moi, je protège la nuit.

- Mais dis ô Lune d'argent,
Et si une fois tu t'éclipses,
Fais de ta mission une ellipse,
Retrouverais-tu ton amant ?"

Un sourire sur le visage,
Le ciel sombre devint mirage...
Noyant leurs joues de larmes exquises,
Le Roi retrouva sa promise.



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