Cette profonde obscurité que je vois
Me garderait prisonnière
Des sombres ronces, épineux sanctuaire,
Si je la laissais, sans hausser la voix...
Les nuages ne fanent pas, ils se dispersent,
Révélant le ciel d'ambre d'un coucher
De soleil et la voûte illuminée
De l'étonnant firmament qui me berce...
Mais les crépusculaires créatures,
Sorties tout droit des affres de l'oubli,
M'arrachent déjà de ma douce Arcadie
Et sur ma terre laissent leur signature !
Si elles ne sont qu'un triste cauchemar,
Pourquoi m'effraient-elles tant que cela ?
Qui sont-elles ? Et moi, qui suis-je ? Pourquoi ?
Je n'entends plus que leurs cris nasillards...
Je dérive entre déraison et paix.
Les fauves de cette nuit sont mes peurs...
Mais rien ne me tire de ma torpeur !
Et je reste dans leur brouillard trop épais...
On m'a dit que les bêtes étaient parties,
Et que mes angoisses n'existaient pas.
Pourtant, accrochées aux fenêtres, je vois
Leurs ombres qui jaillissent des orties !
Oh, elles conduisent mon âme affolée !
Et j'erre, et je délire, et je tremble...
Mais, ô mon Dieu, si nous sommes ensemble,
Quelle chose pourrait me terrifier ?
Mais rien ne me tire de ma torpeur !
Et je reste dans leur brouillard trop épais...
On m'a dit que les bêtes étaient parties,
Et que mes angoisses n'existaient pas.
Pourtant, accrochées aux fenêtres, je vois
Leurs ombres qui jaillissent des orties !
Oh, elles conduisent mon âme affolée !
Et j'erre, et je délire, et je tremble...
Mais, ô mon Dieu, si nous sommes ensemble,
Quelle chose pourrait me terrifier ?