dimanche 23 novembre 2014

Sur la falaise

Voici ma nouvelle suite au sujet que je vous ai proposé... Bonne lecture !

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L’article s’étalait sur une page de l’édition du 25 mars 2014 d’Ouest-Aven :
« Un piano à queue de marque Steinway a été retrouvé hier matin, au sommet de la falaise à Plogoff dans le Finistère. Posé là, sur la lande rase balayée par le vent, dans un des plus beaux sites de Bretagne, il demeure un véritable mystère pour les promeneurs… »

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Des écharpes de brume volent tel un songe sur le bord des falaises. Le soleil se lève à l’horizon. Le ciel est rose et or. Le bruit de vagues qui déferlent sur la plage de la petite crique résonne contre les murs de pierre. Une douce mélodie. Un goéland s’envole.  Au sommet des falaises, un imposant piano à queue d’ébène étincelant domine la mer.
Un homme apparait, comme sorti de nulle part. Ses cheveux sont cachés par une perruque blanche, rattaché en queue de cheval dans son cou par un ruban noir. Il semble que le temps s’est arrêté pour lui : il est porte des habits très en vogue à la fin du dix-huitième siècle. Un mouchoir blanc brodé d’un M. rouge glisse de sa poche. L’homme le ramasse, avance vers le piano, s’assoit. Il fixe un instant l’océan puis ferme les yeux. Il s’imprègne du mugissement des vagues.
Après un long moment, il rouvre ses yeux et sort un vieux manuscrit. Des partitions.  Il se met à jouer ; ses longs doigts fins courent sur les touches, faisant retentir quelques notes éphémères. La musique est douce, mélancolique. Elle est belle. Soudain, les doigts de l’homme se figent, suspendus. D’un crayon, il griffonne la partition, remplit des portées jusqu’alors blanches. Il compose.
Et l’homme dit à voix haute en allemand :
« J’ai fait placer ce piano face à la mer pour composer librement une dernière symphonie. Quel bon choix ! Sinon je n’aurais jamais écrit cet hymne à la mer ! Au bout de 223 ans, j’ai fini par concevoir ma plus belle œuvre, mon plus grand chef-œuvre, que le monde ignorera toujours…»
Et, en bas du manuscrit, il signe Wolfgang Amadeus Mozart.


1 commentaire:

  1. Je trouve rigolo que nos deux versions se ressemblent assez finalement. Évidemment j'aime bien la tienne.

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