Renard, le maître en l'art de tromperie, cherche aventure dans les bois, mais nulle proie ne se présente pour calmer sa faim. Au logis, Dame Hermeline a du mal à apaiser ses fils qui crient famine. Au détour d'un chemin, le goupil aperçoit deux marchands qui rejoignent le village à quelques lieues de là. Il les observe et voit qu'il portent de lourds sacs bien pleins qu'ils peinent à soulever. Il s'approche puis se décide, ces benêts de marchands ne lui résisteront pas, il saura vite les berner. Voyez la ruse qu'il emploie.
« Puis-je me joindre à vous ? commence Renart, ayant pris soin de cacher son
museau, la cornette de son chaperon enroulée autour du cou.
– La route est à tout le monde ! certifient les deux commerçants.
– Où allez-vous donc ? Pour moi, je me rends au village voisin rendre visite à mon
frère qui est malade. Il a bien des ennuis, et cette période de disette n’arrange pas les
choses !
– Méfions-nous, chuchote le plus âgé des deux. Il ne m’inspire guère confiance.
– Moi de même, avoue le plus jeune, je me sens mal à l’aise à ses côtés.
– Pourquoi ces messes basses ? questionne le goupil. Je ne suis qu’un simple vilain !
– Nous, faire des messes basses ? réplique le vieil homme. Vous vous trompez, mon
brave.
– Ne nous fâchons pas. Mon père et moi allons au village voisin. Seulement, nous
nous y rendons pour vendre notre marchandise, dit le cadet en montrant le lourd sac qu’il
portait non sans peine.
– Oh ! Comme il a l’air lourd !
– C’est qu’il n’est pas léger, mais pour cause : ce sac contient les meilleurs jambons
fumés de la région ! révèle-t-il en confidence.
– Comment ?
– Il faut dire que mon père est le meilleur éleveur de porcs de toute la contrée,
explique le jeune homme, et je serai très fier de prendre son relai à sa mort.
– Louis, tu exagères un peu la vérité, émet l’ancien pourtant bouffi d’orgueil.
– Oh, mais cela doit représenter une fortune ! s’exclame le filou.
– Oui, assure Louis, et j’espère que nous ne croiserons pas de bandits de grand
chemin, ils feraient bombance avec une telle prise…» grommelle-t-il en jetant un regard en
coin sur Renart.
Le trajet se poursuit sans encombre. Après quelques lieues, la route plonge dans une
forêt. Les trois voyageurs y pénètrent, peu rassurés. Au-dessus d’une racine que le vieux
enjambe, d’un croc-en-jambe bien calculé, Renart fait trébucher le marchand qui, dans sa
chute, s’assomme contre une pierre. Le fourbe s’écrie :
« Quelle malchance ! Maudite racine ! Est-il blessé ?
– Oui, malheureusement ! constate le cadet, agenouillé auprès de son père. Que
faire ?
– Vous qui êtes encore jeune, courez au village, il n’est plus très loin. Allez chercher
de l’aide.
– Ma course sera alourdie par mon sac ! Et j’arriverai trop tard !
– Je garderai votre bagage, le temps que vous alliez chercher du secours, propose le
rusé. »
Le jeune homme semble hésiter, puis se décide. Il laisser choir son paquet aux pieds
de Renart, et se met à courir. Une fois seul, le malandrin éclate de rire :
« Hahahahaha ! Quel naïf ! Quel festin nous ferons ce soir dans mon logis ! Dame
Hermeline sera contente ! »
Il charge les sacs sur son dos et, le lâche, s’enfuit en courant.
museau, la cornette de son chaperon enroulée autour du cou.
– La route est à tout le monde ! certifient les deux commerçants.
– Où allez-vous donc ? Pour moi, je me rends au village voisin rendre visite à mon
frère qui est malade. Il a bien des ennuis, et cette période de disette n’arrange pas les
choses !
– Méfions-nous, chuchote le plus âgé des deux. Il ne m’inspire guère confiance.
– Moi de même, avoue le plus jeune, je me sens mal à l’aise à ses côtés.
– Pourquoi ces messes basses ? questionne le goupil. Je ne suis qu’un simple vilain !
– Nous, faire des messes basses ? réplique le vieil homme. Vous vous trompez, mon
brave.
– Ne nous fâchons pas. Mon père et moi allons au village voisin. Seulement, nous
nous y rendons pour vendre notre marchandise, dit le cadet en montrant le lourd sac qu’il
portait non sans peine.
– Oh ! Comme il a l’air lourd !
– C’est qu’il n’est pas léger, mais pour cause : ce sac contient les meilleurs jambons
fumés de la région ! révèle-t-il en confidence.
– Comment ?
– Il faut dire que mon père est le meilleur éleveur de porcs de toute la contrée,
explique le jeune homme, et je serai très fier de prendre son relai à sa mort.
– Louis, tu exagères un peu la vérité, émet l’ancien pourtant bouffi d’orgueil.
– Oh, mais cela doit représenter une fortune ! s’exclame le filou.
– Oui, assure Louis, et j’espère que nous ne croiserons pas de bandits de grand
chemin, ils feraient bombance avec une telle prise…» grommelle-t-il en jetant un regard en
coin sur Renart.
Le trajet se poursuit sans encombre. Après quelques lieues, la route plonge dans une
forêt. Les trois voyageurs y pénètrent, peu rassurés. Au-dessus d’une racine que le vieux
enjambe, d’un croc-en-jambe bien calculé, Renart fait trébucher le marchand qui, dans sa
chute, s’assomme contre une pierre. Le fourbe s’écrie :
« Quelle malchance ! Maudite racine ! Est-il blessé ?
– Oui, malheureusement ! constate le cadet, agenouillé auprès de son père. Que
faire ?
– Vous qui êtes encore jeune, courez au village, il n’est plus très loin. Allez chercher
de l’aide.
– Ma course sera alourdie par mon sac ! Et j’arriverai trop tard !
– Je garderai votre bagage, le temps que vous alliez chercher du secours, propose le
rusé. »
Le jeune homme semble hésiter, puis se décide. Il laisser choir son paquet aux pieds
de Renart, et se met à courir. Une fois seul, le malandrin éclate de rire :
« Hahahahaha ! Quel naïf ! Quel festin nous ferons ce soir dans mon logis ! Dame
Hermeline sera contente ! »
Il charge les sacs sur son dos et, le lâche, s’enfuit en courant.
Objectif : Compléter la suite du récit en italique en imaginant un dialogue entre Renard et les marchands

Une très belle histoire. Quel rusé, ce goupil ! Mais les deux marchands sont un peu bêtes aussi de lui faire confiance. J'ai aimé la richesse du vocabulaire.
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